Ordre de déroulement du Projet

Résumé :

L’effondrement de notre civilisation est devenu à peu près inévitable. Frappée de plein fouet par une Crise multiforme (écologique, économique, sociale, politique, culturelle), elle se révèle totalement incapable d’y trouver une parade. Pour des raisons détaillées dans ce texte, les réformes comme la révolution sont des impasses. L’écologie radicale n’a plus ni le temps, ni les moyens de prendre le pouvoir et de construire à grande échelle un autre modèle qui nous aurait permis de nous adapter.

Il faut donc nous préparer à cet effondrement. La seule solution qu’il nous reste est de créer des communautés résilientes et décroissantes à même d’encaisser le choc. Tol Ardor se propose de construire une de ces communautés pouvant servir d’alternative ou de contre-modèle. Notre but n’est pas la simple survie, mais la transmission d’un héritage qui nous dépasse : notre culture, nos valeurs, bref l’essence de notre civilisation.

Cela nécessite une stratégie à long terme dont la réalisation a déjà commencé. Les premières actions mises en place concernaient la construction du Projet ardorien, sa visibilité et les premières expériences et réalisations concrètes.

L’étape suivante passera par l’achat d’un domaine qui sera la base de la future communauté résiliente et le cadre d’expérimentations concrètes plus avancées. Cet achat devrait avoir lieu dans le courant de l’année 2018.

À partir de là, la communauté résiliente pourra progressivement se mettre en place et se développer, en lien tant avec son environnement immédiat qu’avec d’autres projets similaires ou d’autres associations de l’écologie radicale.

Plan

Principes de base

Ordre concret de déroulement du Projet

Principes de base

L’impossibilité de la réforme comme de la révolution

Le principe de base de Tol Ardor est que le système actuel ne peut être ni réformé, ni détruit de l’intérieur.

Toute réforme est en effet impossible, d’abord en raison de l’urgence de la Crise, qui ne nous laisse pas le temps de convaincre suffisamment de monde de la nécessité d’une réforme d’ampleur, mais aussi en raison de la cohérence et de la solidité de l’ensemble économique, politique, social et culturel qu’est le monde actuel, qui fait que toute transformation importante d’un élément nécessiterait une transformation importante de chaque autre élément, ce qui est par définition impossible avec des réformes qui sont toujours progressives.

La lenteur inhérente à tout processus de réformes permet en outre à de puissants lobbies au service d’intérêts économiques ou politiques de vider les réformes de tout ce qui pourrait véritablement les menacer, que ce soit en amont – c’est-à-dire en vidant un projet de loi de sa substance – ou en aval – en n’appliquant pas la réforme, en la détournant de son but ou tout simplement en la faisant supprimer.

Inversement, une révolution, c’est-à-dire un bouleversement rapide de l’ensemble du système et provoqué de l’intérieur, est hautement improbable, si ce n’est entièrement impossible dans l’état actuel des choses, car les citoyens sont préoccupés bien moins par les problèmes généraux du monde et de la société que par leur propre situation individuelle, et parce qu’ils ont cessé depuis longtemps de croire qu’ils amélioreraient leur vie quotidienne par un bouleversement de la société dans laquelle ils vivent. Le capitalisme leur offre en effet l’espoir de passer dans la catégorie de richesse immédiatement supérieure à la leur s’ils respectent ses règles, et cette perspective leur semble plus sûre qu’un hypothétique bouleversement de l’ordre des choses.

Cette double impossibilité est encore renforcée par le fait que le Système occidental actuel se présente à ses sujets et aux autres comme l’unique système viable et à même de rendre les hommes heureux, et donc comme le but et l’aboutissement de toute réflexion économique, politique, sociale, culturelle et même morale ou philosophique. Cette propagande a été si efficacement menée que non seulement les Occidentaux – et ceux qui vivent comme eux – s’imaginent avoir atteint la perfection en la matière et n’avoir rien à gagner d’un bouleversement général de la société, incitant ceux qui ne sont pas encore régis par les mêmes principes qu’eux à les imiter au plus vite, mais qu’en plus le reste du monde, à quelques rares exceptions près, a lui aussi assimilé cette propagande et ne cherche qu’à « rattraper » l’Occident.

Par conséquent, il ne sert à rien de chercher à conquérir le pouvoir par les urnes : quand bien même nous y parviendrions, ce qui est hautement improbable pour tout mouvement aux idées un tant soit peu radicales – les masses populaires étant de plus en plus craintives vis-à-vis de tout ce qui sort du consensus général –, nous ne pourrions pas même appliquer notre programme.

Il est donc probablement trop tard pour éviter l’effondrement de notre civilisation. Les différents éléments de la crise écologique (réchauffement climatique, pollutions diverses, réduction de la biodiversité, menace sur de nombreux écosystèmes…) vont rencontrer les différents éléments de la crise économique et sociale (pics de production de nombreuses matières essentielles à notre richesse, chômage, crises structurelles du capitalisme…), alors même que la crise politique et culturelle rend impossible de trouver une parade.

Cela peut sembler apocalyptique et peu crédible : rares sont ceux qui croient en la chute réelle et définitive de la civilisation qu’ils connaissent. En général, les plus pessimistes pensent que notre monde est à la veille d’un profond bouleversement, mais qui laisserait à peu près intactes les bases de notre civilisation. Certains redoutent ou souhaitent un événement comparable à la Révolution française de 1789. Mais si cette date a marqué une transformation profonde de la civilisation occidentale, elle n’a pas marqué sa mort.

Et pourtant, les civilisations sont mortelles, et nous ferions bien de nous en souvenir. Il se pourrait bien que nous nous trouvions à l’aube non pas de 1789, mais de 476. À cette date, l’Empire romain d’Occident fut définitivement abattu par les Germains. Toute une civilisation s’écroula ainsi rapidement ; il fallut ensuite près de 700 ans pour retrouver l’équivalent sur les plans de l’organisation politique, du droit, de la puissance des villes, du commerce, de la culture, de la sécurité, de la production agricole, artisanale etc. Exactement de la même manière, notre civilisation est mortelle. Nous pouvons être à la veille non pas des quelques décennies de désordre social qui ont suivi 1789, mais bien des siècles de chaos qui ont suivi 476.

Établir une communauté résiliente et décroissante pouvant serir de contre-modèle

Si l’effondrement civilisationnel est devenu inévitable, il faut donc nous préparer à y faire face, non seulement pour y survivre et offrir aux générations suivantes la possibilité de continuer à vivre, mais surtout pour faire perdurer quelque chose qui nous dépasse : des valeurs, une culture, une civilisation, bref l’héritage dont nous sommes porteurs dans ce qu’il a de meilleur.

Pour cela, nous devons fonder une petite communauté résiliente, à même de résister au mieux aux chocs à venir : puisqu’on ne peut pas abattre le Système, la seule solution est donc de construire à côté de lui quelque chose de neuf, basé sur des principes radicalement différents. Mais seule et isolée, aucune petite communauté ne pourra survivre longtemps dans un monde devenu beaucoup plus chaotique. Il faut donc lui donner dès maintenant les atouts pour lui permettre, plus tard, de grandir et d’évoluer. Il ne suffit pas de fonder un petit système résilient : il faut en faire un véritable contre-modèle potentiel, capable d’attractivité, de séduction, et donc d’expansion dans l’avenir. Il s’agit de montrer aux hommes, par l’exemple, qu’une autre manière de vivre est possible et même souhaitable.

Nous devons donc commencer à petite échelle, ce qui nous évitera d’être considérés par le Système comme une menace à éliminer, mais en prévoyant déjà les étapes de notre expansion à venir.

Pour pouvoir fonctionner, un tel contre-modèle doit donc bénéficier de trois qualités fondamentales :

Ce que nous proposons va de toute manière dans le sens de l’Histoire. Le pic pétrolier et la crise énergétique qu’il annonce ne sont finalement qu’un des plus petits problèmes qui constitueront la Crise à venir : nous allons en fait devoir affronter une concomitance de pics sur toutes les ressources naturelles que nous exploitons et dont nous dépendons (ressources énergétiques mais aussi lithium, sable coquillier, terres rares, et tout simplement l’espace), et c’est ce cumul qui va mener au paroxysme de la Crise.

L’effondrement civilisationnel est donc l’avenir le plus probable, que nous le voulions ou non. Il ne s’agit pas de le déclencher, car nous avons déjà mis en branle les mécanismes qui le déclencheront ; il s’agit de s’y préparer.

Ordre concret de déroulement du Projet

Pour mettre en place Tol Ardor en tant que communauté résistante et décroissante et en tant que contre-modèle, il est nécessaire de prévoir une stratégie précise dans les différentes échelles de temps.

Actions déjà réalisées

Tol Ardor existe comme projet collectif depuis 2003 et a beaucoup évolué depuis.

Depuis 2006 existent son site Internet et son forum en ligne, destinés à nous faire connaître, à diffuser nos idées auprès du public le plus large possible, et à débattre des points du Projet qui sont encore en construction.

Le forum a été mis en sommeil en 2013 et est depuis réservé aux membres du Projet et à quelques proches.

En revanche, Meneldil a ouvert un blog en 2011. Ce blog, personnel et tenu en son nom propre, cherche cependant à diffuser les idées ardoriennes et à faire connaître le Projet.

Depuis 2008, Tol Ardor s’est constituée en association officiellement reconnue sous le régime de la loi de 1901.

En 2012, elle s’est associée à un autre groupe, l’association Nildanirmë, visant elle aussi à établir une communauté décroissante et résiliente.

Enfin, à partir de 2011 ont été menées des actions pratiques et concrètes à petite échelle, visant à préparer la fondation de Tol Ardor. Ces actions ont comporté :

Tol Ardor a également soutenu plusieurs actions initiées par d’autres associations.

Actions à court terme

La Base

La prochaine étape est l’achat d’un domaine qui sera la base de la communauté à venir et donc la première pierre de Tol Ardor. Il devra comprendre, dès le départ, une habitation principale et un terrain. Dans l’attente d’un nom officiel en quenya, nous l’appellerons « la Base ».

L’habitation principale devra être à même d’accueillir une famille à plein temps et des visiteurs de manière temporaire.

Sur le terrain seront mis en place :

Dans un second temps, la Base sera agrandie pour inclure :

Les fonds nécessaires ont commencé à être collectés, et l’achat de la Base est prévu pour le courant de l’année 2018.

Actions menées à partir de la Base

Une fois la Base mise en place, de nouvelles actions concrètes pourront être menées.

Les premières concernent la formation des Ardoriens et sympathisants. La Base doit avoir valeur d’expérimentation et de démonstration : il s’agit de voir ce qu’il est possible ou non de réaliser dans le cadre d’une réduction technologique et de retrouver des savoir-faire anciens.

Pour cela, de nouveaux stages techniques devront être réalisés sur le territoire de la Base dès l’année qui suivra l’achat, si possible donc en 2018.

Parallèlement, de petites actions concrètes pourront également être menées dans tous les domaines qui concordent avec les objectifs profonds de notre action. Cela pourra aller de la plantation de haies au ramassage d’ordures en passant par l’aide aux sans-abri. Ces actions se feront principalement à destination des territoires situés autour de la Base, afin de renforcer le lien social entre les deux. Nous pourrons mener ces actions de terrain seuls ou en collaboration avec d’autres mouvements amis.

Il n’y a là aucune dispersion de notre énergie, mais seulement la volonté de répondre à une triple nécessité : faire connaître notre groupe ; utiliser au mieux la diversité des bonnes volontés ; contribuer à des solutions locales et ponctuelles qui, même si elles ne feront jamais, mises bout à bout, une solution globale, contribueront néanmoins à rendre le monde un peu moins mauvais.

Pour mener à bien ces différentes actions, la Base devra être à même d’accueillir un plus grand nombre de visiteurs temporaires. Des structures d’accueil seront donc mises en place, par exemple sous la forme de kerterres.

Actions à moyen terme

Transformer la Base en une véritable communauté résiliente et décroissante

Développer davantage le Projet représentera un saut qualitatif qui impliquera l’installation définitive de nouveaux membres ou familles, probablement aux alentours de 2023 – sachant que le plus tôt sera le mieux.

Il est clair qu’à ce stade, le territoire initial de la Base ne suffira plus. Ceux qui voudront rejoindre Tol Ardor devront donc pourvoir à leur installation sous une forme ou sous une autre. Ils pourront opter pour l’achat d’une maison à proximité, ou pour l’achat d’un simple terrain sur lequel Tol Ardor, grâce à l’expérience acquise, les aidera à construire une kerterre ou une maison écologique.

L’idéal serait bien entendu que les nouveaux membres de la communauté s’installent de manière directement contiguë à la Base, afin de contribuer à former une unité géographique réelle, forte et de plus en plus grande.

Mais nous savons aussi que ce ne sera pas forcément facile ni même possible. Ceux qui voudront rejoindre Tol Ardor à ce stade pourront donc le faire sans respecter cette continuité géographique ; il leur suffira de se revendiquer explicitement de Tol Ardor et de respecter nos principes fondateurs. Cependant, autant que possible, la continuité ou, au minimum, la proximité géographique devraient être respectées.

À cette date, Tol Ardor aura dépassé son premier stade de simple refuge individuel pour être devenue une véritable petite communauté résiliente et décroissante. Il ne sera évidemment pas question de se couper du monde : nombre de ses membres auront encore, par exemple, un travail à l’extérieur. La petite taille et la jeunesse de la communauté ne lui permettront de toute manière pas d’être autarcique.

Se pose la question des techniques que s’autoriseront les Ardoriens au sein de cette communauté. Ce problème est discuté en détail dans le texte « Tol Ardor dans son rapport à la technique » ; le principe général retenu est que le maximum d’efforts sera fait pour limiter le plus possible l’usage des technologies nocives. En particulier, nous chercherons à atteindre rapidement l’indépendance énergétique, selon les possibilités offertes par l’environnement local. Néanmoins, nous ne nous interdirons aucune technique, même considérée comme dangereuse, si nous en avons réellement besoin : c’est une des conséquences inévitables de la petite taille de départ et des liens qui perdureront un temps avec le Système actuel.

Ceux qui ne voudront ou ne pourront pas s’installer de manière permanente au sein de cette communauté agrandie auront néanmoins la possibilité de participer aux diverses activités de la Base :

À une échéance un peu plus longue, la Base pourra être complétée par de nouvelles structures communes : par exemple, une école primaire et secondaire privée, éventuellement dotée d’un internat, pourrait nous permettre d’éduquer librement nos enfants et de leur éviter les carences et les tares du système éducatif français, qui se détériore rapidement. De même, un centre de pratique et de diffusion de la spiritualité ardorienne pourrait être utile.

Si ce genre de chose se réalise, nous pourrons envisager de faire de Tol Ardor une micro-nation, si cela semble alors utile. Cette micro-nation pourrait prendre plusieurs formes, selon les besoins du moment, et se doter d’une Constitution transitoire.

Faire connaître le Projet et tisser du lien social

Parallèlement, il nous faudra également travailler à faire mieux connaître le Projet à grande échelle. Pour cela, nous continuerons à utiliser les outils numériques actuels (site Internet, blog) en les développant.

Nous essaierons également de publier un ou plusieurs manifestes en version papier. L’un portera sur une analyse générale de la technique et de l’écologie radicale ; l’autre présentera spécifiquement le Projet ardorien. Ces textes sont dès à présent en cours de rédaction.

À petite échelle, il est évident que Tol Ardor ne devra pas se construire dans l’ignorance de son environnement immédiat, encore moins contre lui, mais bien en lien étroit avec lui. Notre survie future en dépend. Pablo Servigne et Raphaël Stevens, auteurs du livre Comment tout peut s’écrouler, rappellent que, contrairement à un cliché souvent admis sans examen, lors des catastrophes, les hommes ne se transforment pas majoritairement en monstres préoccupés uniquement par leur propre survie : bien au contraire, ils se montrent souvent capables de comportements altruistes, calmes et posés. « L’image de la violence sociale issue des catastrophes ne correspond pas à la réalité », écrivent-ils. « Les communautés humaines portent en elles de formidables capacités “d’autoguérison”. Invisibles en temps normal, ces mécanismes de cohésion sociale très puissants permettent à une communauté de renaître d’elle-même après un choc en recréant des structures sociales qui favorisent sa survie dans le nouvel environnement ».

La conclusion s’impose : « se préparer à une catastrophe signifie donc d’abord tisser du lien autour de soi ». C’est évidemment ce que devra faire Tol Ardor ; on est très loin de certains courants du survivalisme qui, ignorant cette réalité, se contentent d’accumuler des armes et de la nourriture, sans penser que tout cela ne servira à rien, voire sera contre-productif, sans un tissu social fort.

La Base devra donc tisser le plus de liens possibles avec ses voisins immédiats non Ardoriens, c’est-à-dire principalement avec les habitants du village où elle sera localisée et des villages proches. Les pratiques communautaires des Ardoriens devront inclure, autant que possible, les habitants du voisinage : soirées, repas, fêtes pourront être organisées en commun. De manière un peu plus ambitieuse, on pourra envisager d’adjoindre à la Base des structures à même d’accueillir un public du voisinage :

Cette liste n’étant évidemment pas exhaustive. Ainsi, nous envisageons également la création d’une monnaie locale dont l’utilité serait triple :

Vers une confédération de l’écologie radicale

Tol Ardor ne prétend évidemment pas agir seule : elle appartient à un mouvement politique plus large, quoique encore largement informel, qui est celui de l’écologie profonde ou radicale. À l’heure actuelle, l’écologie radicale est largement inaudible, et donc inefficace, parce qu’elle est enfermée dans le ghetto de la marginalité dont elle ne fait pas grand-chose pour sortir.

Tous les groupes qui appartiennent à ce courant, s’ils veulent que leur action soit enfin efficace, doivent donc se rendre plus visibles. Cela implique non pas de fusionner, mais au moins de se parler, de débattre et d’agir ensemble, voire de s’allier, étant bien entendu qu’une alliance ne devrait pas entraîner la disparition des entités qui s’allient.

Comme l’indique notre Appel aux associations, Tol Ardor appelle donc tous les mouvements qui se reconnaissent dans l’écologie radicale ou profonde , dans la décroissance ou l’objection de croissance, dans le biocentrisme et dans l’antispécisme, à entamer ce dialogue si fondamental pour notre avenir et celui de la Terre. Sans but d’homogénéisation ni surtout d’hégémonie de la part de qui que ce soit, un tel dialogue devrait permettre la naissance d’une confédération qui permettrait à chacun de ses membres d’être plus visible et donc d’accroître ses chances de réaliser ses projets.

Tol Ardor devra tout particulièrement dialoguer avec les projets similaires existant déjà, afin d’avoir un premier aperçu des problèmes auxquels ils sont confrontés et des solutions qu’ils peuvent y apporter.

Actions à long et très long terme

Construire une culture commune et une volonté de vivre ensemble

Puisqu’ils veulent fonder un nouvel État, une nouvelle forme de société, et en vérité un nouveau modèle de civilisation, les Ardoriens se considèrent d’ores et déjà non comme une association ordinaire, ni surtout comme un parti politique, mais comme un peuple à part entière.

Néanmoins, ce peuple est évidemment entièrement à construire. Cela implique de mettre en place les éléments constitutifs d’une identité nationale, en particulier une culture commune (langue, éléments de spiritualité, système de valeurs, principes fondamentaux, mode de vie etc.) et la volonté de vivre ensemble. Une nouvelle culture est d’ailleurs seule à même d’améliorer véritablement et profondément les mentalités et les représentations des hommes.

Les moyens à mettre en œuvre pour parvenir à cette conscience populaire et nationale sont variés. On peut mentionner par exemple le développement du quenya comme langue commune, mais également la mise en pratique d’une véritable spiritualité ardorienne. En effet, même si – il est bon de le rappeler – aucune condition de croyance, de spiritualité ou d’appartenance religieuse n’est requise pour rejoindre Tol Ardor, la religion est un puissant vecteur d’identité et d’unité nationale, vecteur que nous ne saurions négliger.

Cette liste est naturellement loin d’être exhaustive.

S’adapter au fur et à mesure aux évolutions du monde encore imprévisibles

À partir de là, on passe dans des considérations de très long terme, et toute prévision devient très risquée, pour ne pas dire complètement impossible. Ce dont nous sommes tous convaincus, c’est que le Système actuel est extrêmement fragile et pour tout dire mourant : les crises économique, politique, sociale et surtout environnementale le condamnent à plus ou moins brève échéance, et c’est à cela que nous nous préparons.

Mais quelle forme prendra ce collapsus, et quand aura-t-il lieu ? Cela, nul ne peut le dire. Le Système peut tenir encore cinquante ans comme il peut commencer à s’effondrer dans cinq ans. Il peut s’écrouler en quelques années ou bien agoniser pendant des décennies. Il peut mener à un chaos généralisé comme à la domination de nouveaux totalitarismes.

Il ne sert donc pas à grand-chose de chercher à savoir dès maintenant ce que nous ferons alors. Si nous avons réussi à mettre en place la communauté décroissante et résiliente que nous appelons de nos vœux, alors nous serons mieux préparés que beaucoup pour résister aux chocs de l’écroulement civilisationnel à venir : il nous faudra alors nous adapter au mieux, le plus intelligemment possible, à la situation telle qu’elle se présentera.

Inutile donc de chercher dès maintenant à poser les bases d’une action de manière dogmatique. Quelles techniques éliminerons-nous à tout prix, et lesquelles accepterons-nous de conserver ? Il est beaucoup trop tôt pour le dire. Nous avons quelques principes sur lesquels nous ne reviendrons pas ; mais la manière de les mettre en pratique devra être déterminée par ceux qui viendront après nous : nous nous contentons de leur offrir la possibilité d’une vie digne, qui ne soit pas qu’une simple survie, et la transmission d’un héritage culturel et de valeurs auquel nous tenons.